MAJ 10 janvier 2011 - Le billet ci-dessous contient une erreur : la licence GNU/GPL v2 autorise la vente des applications qui lui sont soumises. Plus d'infos sur cette licence ici.
Il n'y a qu'un mot pour qualifier ce qui vient de se produire sur l'iOS App Store : Ridicule !
Il n'y a qu'un mot pour qualifier ce qui vient de se produire sur l'iOS App Store : Ridicule !
Pour rappel :
Le célèbre lecteur logiciel VideoLan, aussi dit VLC, a été porté en septembre dernier sur les périphériques Apple (iPod Touch, iPhone et un peu plus tard iPad). A ce titre il était vendu sur l'appstore. Plateforme de distribution d'applications en ligne d'Apple.
Puis la polémique a éclaté : le lecteur vidéo est depuis longtemps sous licence GNU/GPL v2, c'est une licence qui permet la diffusion du code source, sa libre modification par un tiers et la distribution gratuite du programme concerné. Et selon cette licence, le programme initialement sous GNU/GPL ne peut pas être distribué sous une autre licence (si j'ai dit une connerie, n'hésitez pas à me reprendre dans vos commentaires).
Comprenons que le but est d'éviter que des gens fassent de l'argent en récupérant une source gratuite, en la modifiant un peu et en la revendant sous une licence propriétaire.
Il se trouve que, bien que distribué gratuitement sur l'appstore, VLC était distribué sous la licence prévue par Apple pour la diffusion des applications via sa plateforme.
Arrive alors M. Rémi Denis-Courmont, accessoirement employé chez Nokia, qui a contribué au projet originel de VLC, et qui se trouve être un intégriste des licences libres, type GNU/GPL.
Ce monsieur s'oppose donc formellement à la diffusion de VLC sous une autre licence que sa licence libre. Il promet des poursuites judiciaires, dans le but de faire retirer VideoLan de l'appstore, au risque d'empêcher des millions de personnes d'accéder à l'application.
C'était en octobre. Je vous invite à relire l'article que l'ami Champeau écrivait à cette époque dans Numerama.
Et puis... Plus rien, j'étais rassuré...
Sauf que, il y a quelques heures, VLC a été retiré de l'appstore, par Apple, vraisemblablement contrainte par ce connard de libriste, qui semble faire fi de son conflit d'intérêts : c'est Nokia, concurrent direct d'Apple, qui le fait vivre ! De plus, il semble que travailler pour une société qui n'est pas franchement orientée "licences libres" ne le gêne pas.
Bref, Bluetouff bossait bien pour un prestataire d'Universal... Il semble qu'en France, ce genre de pratiques soient habituelles, et que peu soient les libristes qui vivent leur engagement à fond. Sans conflit d'intérêts.
Revenons à nos moutons.
La distribution d'un outil qui permettait de visionner des contenus culturels étant stoppée, Remi Courmont a contribué, à son petit niveau, à instaurer une forme de censure... L'industrie du film doit se réjouir de cette décision, et je n'aime pas quand l'industrie se réjouit. Ça me fatigue. Ça prouve que nous avons échoué.
De plus, je doute vraiment que limiter la distribution gratuite d'un projet open source à des millions d'utilisateurs, soit réellement un des objectifs de la GNU/GPL v2, orientée vers le partage.
Un mini scandale de plus pour ces projets communautaires, rongés par des guerres entre d'énormes firmes, alors que leurs membres devraient les en protéger. Ajoutez à cela la traditionnelle pincée d'ego surdimensionné qui caractérise nombre de ces bouffons du web... Et vous retirez VLC de l'appstore, pour aider Nokia, au plus grand plaisir de l'industrie et de votre ego ; en prétextant vous battre pour la Liberté et la libre défense de vos libres projets communautaires, ça me file une libre courante, selon l'expression désormais consacrée sur ce blog.
Bravo M. Rémi Denis-Courmont, sache que juste pour t'emmerder, j'écris cet article sur un iPad, avec VLC installé, et je vais le transférer sur mon MacBook, afin de le diffuser, sous aucune licence qui soit, car une licence, libre ou pas, est une prison pour ces oeuvres et créations. Tu l'as démontré aujourd'hui, mais ne t'inquiète pas, tu ne seras pas le dernier de ton espèce à prouver que ton mouvement est pourri par le conflit d'intérêts.
J'attends donc avec impatience le prochain scandale, et vais, avec ma libre conscience, dans mes libres chiottes, libérer un libre passage dans mon colon, et librement... Faire caca !