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dimanche 2 janvier 2011

Qu'est ce qu'une attaque DDoS ?

Précision sémantique : je vais ici parler de "pirates", mais sachez que les instigateurs d'attaques DDoS ne sont pas des pros ou des "hackers". Ces attaques sont très simples à lancer et ne nécessite aucune connaissances poussées dans les domaines tels que la programmation ou l'ingénierie réseau.
Cette précision faite, je vous souhaite bonne lecture.

Sortez vos stylos, ouvrez vos cahiers, aujourd'hui je vais tenter d'expliquer le DDoS aux gens de la vraie vie. Dans l'espoir qu'ils comprennent l'un des nombreux enjeux d'Internet et de sa sécurisation tant voulue par nos chères têtes pensantes et gouvernantes.
Les puristes comprendront que j'ai pu simplifier quelque peu mes explications, afin de les rendre plus accessibles. Je vous invite donc à ne pas vous limiter à la lecture de cet article si vous souhaitez parfaire votre connaissance de ce type d'attaque.

Depuis quelques semaines, on entend beaucoup parler d'attaques DDoS, ou attaques de déni de service distribué.
Elles sont utilisés par différents individus ou groupe d'individus, et à des fins très diverses, allant de l'extorsion au combat politique et idéologique.


Commençons par une définition un peu austère.
Les attaques de déni de service distribué consistent à utiliser le maximum de bande passante disponible afin de rendre un service informatique inutilisable.

J'imagine que ce n'est pas très causant pour les gens de la vraie vie. Aussi, dans un but pédagogique, je vais vous développer tout ça plus en détail.



Au début était le DoS...
Avant de parler de DDoS, il est bon de commencer par la base : les attaques DoS, le déni de service (non distribué). Il consiste à utiliser une connexion à Internet afin de générer un maximum de requêtes vers un site internet, ou un autre service en ligne, afin de le submerger, et de le rendre indisponible.

En gros, c'est comme si vous ouvriez le même site Internet cent fois par seconde, pendant une durée illimitée. Le but étant de surcharger le serveur web et de le rendre indisponible aux autres internautes.

Nous nous concentrerons sur les attaques ciblant des sites Internet, car la part des attaques concernant d'autres services est anecdotique (1%), d'autant plus qu'on rentrerait dans du très technique, et que ce n'est pas l'objet du présent article.

Le DoS est utilisé dans de très rares cas, notamment par Anonymous, mais j'y reviendrai plus bas.


Pourquoi le DoS est-il si peu utilisé ?
Vous vous doutez bien qu'un serveur web peut largement encaisser votre petite bande passante, même à fond. Les "pirates" ont donc trouvé la parade : utiliser plusieurs connexions à Internet afin de décupler la puissance disponible. On parle alors d'attaques de déni de service distribué, les fameuses attaques DDoS.

Pour pouvoir réaliser une telle attaque, vous devez donc avoir infecté au préalable différents ordinateurs, avec votre Trojan. Ce Trojan met un PC aux ordres du pirate. Il suffit alors que ce dernier ordonne à tous ses Trojans installés sur différents ordinateurs, de générer un maximum de requêtes vers le même site. Pour peu que vous disposiez d'un nombre suffisant de PC infectés (dits "zombies"), le serveur Web hébergeant le site attaqué croulera sous les requêtes, et sera indisponible.
Un réseau de PC infectés par le même Trojan s'appelle un botnet.

Vous avez donc saisit, tout du moins je l'espère, comment fonctionne une attaque DDoS, le principe en est simple : submerger un serveur afin qu'il ne réponde plus, qu'il ne remplisse plus son rôle, bref qu'il fasse un déni de service.



Comment faire pour que mon PC ne soit pas infecté par un Trojan ?
La réponse est simple : rien, si vous êtes sous Windows.

Les Trojans sont cryptés par de petit logiciels vendus 5 à 20 euros. Les anti viraux ne vous seront d'aucune utilité pour les Trojans cryptés depuis moins de six mois.
Au même titre que les laboratoires pharmaceutiques travaillent à éradiquer des maladies existantes, les éditeurs d'anti viraux auront toujours un train de retard sur les pirates, puisque ce sont les pirates qui créent les virus.
Je vous précise afin d'alimenter la psychose que depuis que je travail dans l'informatique, je n'ai jamais vu un PC sous Windows qui ne soit pas infecté par un ou plusieurs Trojans.
D'autant plus que les Trojans ne servent pas qu'au Dénis de service, ils servent également à enregistrer tout ce que vous tapez sur votre ordinateur, y compris les mots de passe, et numéros de carte bancaire. Ce procédé s'appelle "keylogger".
Le vice va tellement loin avec les keylogger, que le logiciel gérant le botnet est souvent capable de faire une jolie liste, avec le site sur lequel vous êtes allé, le nom d'utilisateur et le mot de passe.
Il peut également y avoir d'autres options, comme de voir l'écran du PC zombie en direct, ...
La collecte de ces informations est le plus souvent destiné à la revente, pour des spammeurs par exemple. Les numéros de carte bancaire seront revendus à des escrocs.

La seule et unique solution consiste à ne pas utiliser Windows, mais plutôt Linux ou Mac OS. Ces système étant beaucoup plus sécurisés, il n'existe pas de Trojans dessus.



Combien coûte un botnet ?
Simple calcule :
Le logiciel gérant le botnet et générant le Trojan : 20 $
Le crypteur afin de rendre le Trojan indétectable : 20 $
Les zombies : 0,3 à 0,7 $ par zombie, en fonction de sa provenance géographique. Pour un petit botnet, comptons 1000 zombies, mais 500 suffisent généralement à faire tomber un site (le site du ministère de la culture tombe avec 246 zombies !).
Bref, vous vous en sortirez entre 340 et 740 euros, selon la taille de votre botnet et la qualité de vos zombies.
Par qualité, on entend puissance de connexion à Internet : vous intéresserez plus un pirate si vous avez une connexion en fibre optique, plutôt qu'un modem 56k.
C'est pour cela qu'on voit apparaitre de nouveaux comportements : la vente de serveurs infectés.
En effet, les serveurs disposent d'une gigantesque bande passante, pouvant aller jusqu'à 1000 fois votre connexion ADSL standard. Ils intéressent donc beaucoup les pirates.


Existe-t-il des protections contre ces attaques ? Sont-elles efficaces ?
Je l'ai déjà dit sur ce blog, le DDoS utilise une faille structurelle du net, car elle équivaut à ce que des milliers d'internantes se connectent en même temps sur un site.
Vouloir se protéger d'un DDoS, c'est vouloir fermer une porte qui vous tue (vous met hors ligne) si elle se ferme.

Oui, il existe des protections, mais si le botnet vous attaquant est trop puissant, vous ne pourrez rien.
Ces protections sont fondées sur leurs capacités à encaisser ces immenses flux de bande passante. Si le flux est trop important, elles tomberont.
De plus, des serveurs protégés coutent très cher, jusqu'à dix fois le prix d'un serveur standard.
J'ai connu de vrais pros, dont le business dépendait d'un site qui subissait des attaques DDoS. Avec le temps ils réussissaient à déjouer ces attaques, grâce notamment à OVH, dont les serveurs mutualisés peuvent encaisser de très grosses attaques sans broncher. Ils utilisaient également des firewall et des configurations spécifiques pour leurs serveurs web.
Mais sachez que si le botnet d'en face compte plus de 50 000 zombies, il n'y a rien à faire, et votre serveur risquerai des dommages physiques importants, si l'attaque durait.




Qui utilise ces attaques et pourquoi ?
Beaucoup de gens utilisent ces attaques.
Les pirates, pour se faire la guerre entre eux. Notamment depuis que de grosses sommes d'argent sont en jeux, comme pour les sites de téléchargement ou les débrideurs. C'est un moyen de balayer la concurrence.

Il y a aussi des escrocs, pour faire du chantage aux entreprises : "votre site ne sera pas remis en ligne tant que vous n'aurez pas viré 3000 euros sur mon compte". Les entreprises payent, car elles ne veulent pas que leurs clients sachent qu'elles sont vulnérables à "des" attaques informatiques.

Dernièrement, les ayants droit ont payé une entreprise indienne afin qu'ils DDoS le site ThePirateBay, plus gros site de téléchargement au monde.

Le DDoS est aussi utilisé par des Etats, contre d'autres Etats. Les chinois,et les,russes ne sont pas mauvais à ce petit jeu. Les russes ont même fait un deal avec les pirates informatiques du monde entier : les pirates ne risquent aucune procédure judiciaire en Russie, s'ils n'attaquent pas d'intérêts russes.

Enfin, le DDoS peut être utilisé à des fins politiques, comme,Anonymous par exemple. Mais Anonymous utilise le DoS : il laisse le choix à chaque Internaute de devenir un "zombie volontaire", via un outil LOIC (pour Low Orbit Ion Canon). Les attaques sont donc coordonnées dans le temps et chaque participant fait un DoS de chez lui.
S'il se fait pincer, ce qui est extrêmement rare, il peut dire que son PC à été infecté par un Trojan.



Je terminerai ce billet pour dire qu'il n'y a que trois autorités réellement compétentes pour trouver les gérant de botnet : Interpol, le FBI et la NSA. Ils ne s'intéressent qu'à des botnet de plus de 60 000 zombies car ce type de botnet pourrait faire s'écrouler l'économie d'un pays entier.

Voilà, vous savez donc tout, ou presque, sur ces attaques. Elles sont la bombe nucléaire du Web et peuvent être déclenchées à n'importe quel moment et par n'importe qui. La seule chose qui importe lorsqu'on est "sous le feu", c'est d'attendre la fin de l'attaque, qui surviendra tôt ou tard ; et de surtout ne jamais céder aux exigences des assaillants.

dimanche 26 décembre 2010

Pourquoi nous devons soutenir les Anonymous...

Avant toute chose, je vais rappeler qui sont les Anonymous.

Il s'agit d'un groupe d'internautes un peu remontés contre les personnes morales ou physiques qui souhaitent contrôler l'Internet, et qui cherchent aussi à générer du "lulz".

Le lulz, c'est une corruption du lol. C'est se marrer avec des actions connes, généralement hardcore et si possible blessantes ou choquantes.

Anonymous s'organise de manière complètement anarchique, le principe étant que tout le monde est anonyme, il ne peut y avoir de chef lorsque tout le monde s'appelle "Anonymous".
Les actions sont donc proposées par des membres sur des "chan", comme le le 711chan, le rockstarchan ou autre. On a souvent associé le 4chan à Anonymous, mais c'est une erreur, le 4chan n'est pas tenu par des Anonymous. C'est une board qui leur sert de relais car elle est la board la plus importante et se caractérise par une grande stabilité technique.



Anonymous compte plusieurs "clans", une partie légale, qui se bat exclusivement contre l'Eglise de Scientologie ; et deux parties illégales : Insurgen et Partyvan.

Insurgen (/i/) est composé des "hacktivistes", on les qualifie souvent de pirates, mais il n'en n'est rien. Leurs compétences sont souvent limitées mais ils savent utiliser la bombe atomique du net : les attaques DoS, via un outil, LOIC. 
Vous trouverez ici les règles d'Insurgen.

Partyvan est issu d'une cession avec Insurgen, ce sont des racistes et génère du lulz au travers de cette idéologie. Ils ont, par exemple, refuser de contribuer à une opération d'aide aux dissidents iraniens, lancée par ThePirateBay et Insurgen, sous prétexte de leur origine ethnique.

Insurgen et Partyvan assument aussi leur part de combat contre l'Eglise de Scientologie, via le projet Chanonlogy par exemple.



Bref, voilà un bref aperçu de ce que sont les Anonymous.
Il est bon également de rappeler que les admins de ThePirateBay entretiennent des liens très étroits avec Insurgen.
Ce qui explique que suite à l'attaque DDoS de ThePirateBay par une société indienne, à la solde des lobbys de l'industrie culturelle, Anonymous ait rétorqué par une vaste opération de DoS, nommée "payback (is a bitch)".

Il se trouve que cette opération a trouvé plus de soutiens que les autres opérations d'Anonymous. Je ne me l'explique pas. Peut-être que la température monte un peu trop pour certains internautes, qui voient leur espace de liberté se rétrécir, et qu'ils se rabattent sur des actions plus dures que la signature de pétition, chose inutile, en tout cas en France.
Car le succès des opérations d'Anonymous est lié au nombre de participants. Et cette fois ci, ils ont en trouvé beaucoup.
Ils ont ainsi DoSer des sites de cabinets d'avocats défendant les ayants droit, trouvant au passage leur correspondance électronique sur leur serveur web... Cela a provoqué un scandale... Furent également victimes des sites d'organisations de défense du droit d'auteur dans le monde entier...

Puis est arrivée l'affaire Wikileaks. Là où un certain nombre d'internautes ont décidé de créer des sites miroirs du site de Wikileaks, les Anonymous ont attaqué les sociétés ayant choisit, sous pression des autorités américaines, de bloquer leurs prestations au site Wikileaks et à Julian ASSANGE, son fondateur. On compte parmi ces sociétés Visa, Mastercard, Paypal, Amazon, ...
On notera au passage, un peu par chauvinisme, que le site Wikileaks est maintenant hébergé en France, par OVH, qui s'est clairement refusé à toute fermeture du site sans une décision de justice en bonne et due forme.






Les détracteurs institutionnels d'Anonymous furent nombreux, pour une raison essentielle : la forme de leurs actions.
Si le fond est tout à fait acceptable pour la majorité d'entre nous, les attaques DDoS ne le sont pas. 
Les arguments des opposants à Anonymous au sein des "anti-hadopi" en France sont divers : le DDoS est illégal, il constitue une violation de la liberté d'expression, il s'appuie parfois sur des réseaux de PC infectés (botnets), ...
Je précise tout de suite que je ne partage pas cette opinion. Mes premiers actes d'engagements pour nos libertés sur le net se sont fait chez Anonymous ; bien avant que je ne rejoigne la Ligue ODEBI, bien avant que je ne fonde l'Atild ou ce blog. J'entretiens toujours des rapports d'amitiés avec certain d'entre eux, et j'ai participé à différentes opérations ces derniers temps, incluant du DoS, voir du DDoS. Et je dois dire une chose : comment ça fait du bien de retourner aux sources !



Je ne partage pas l'opinion de certains organismes bien-pensants qui condamnent le DDoS.
Il s'agit d'une arme qui ne connait, pour l'instant, aucun remède efficace. Elle est très simple à utiliser, elle est bon marché, elle est adaptable, et elle exploite une faille tellement structurelle d'Internet, qu'il faudrait "faire un autre Internet" pour s'en débarrasser (et encore). Le DDoS est maintenant difficilement traçable, sous 60 000 zombies, il offre donc un certain anonymat à son utilisateur.
Après divers tests, nous savons que les sites en ".gouv.fr" ne sont absolument pas protégés contre le type d'attaques.

Les soutiens institutionnels à Anonymous ne furent pas nombreux, mais il est important de noter celui de M. Stallman, grand gourou des licences libres, dont nombre de partisans ont craché sur Anonymous. J'avoue que j'ai commencé à lui chercher une autre case dans mon cerveau que celle "d'intégriste des licences libres" dans laquelle je l'avais collé.


Dans ce rapport de force qui nous oppose à l'industrie culturelle, aux gouvernements et bientôt aux FAI (DPI + QoS oblige), nous devons utiliser tous les outils à notre disposition. Le DDoS en est un, bien utilisé, il peut être radicalement dangereux pour nos opposants ; et la façon dont l'utilise Anonymous, via un DoS individuel, me semble gage de prudence, car l'utilisation en est décentralisée et chaque internaute décide.

A ceux qui mettent en avant l'atteinte à la liberté d'expression par le DDoS, je leur répondrai que pour une société commerciale dont le but est de faire de l'argent, et non pas de s'exprimer, il n'y a pas d'atteinte à la liberté d'expression. Il s'agit de frapper là ou ça fait mal : au portefeuille et à l'image, à la confiance qu'auront les actionnaires dans une société vulnérable à des ados de 15 ans.



A ceux qui ont peur que ce type d'attaque légitime une politique encore plus dure envers Internet, je répondrai qu'il faut choisir nos cibles avec soins de toujours garder l'opinion publique de notre côté, avec l'image "sympa" du "pirate". Que se passerait-il si Anonymous décidait de DDoSer le site des impôts en pleine période de déclaration d'imposition ? Nous jouirions d'un grand capital sympathie tout en frappant l'Etat à un endroit stratégique : ses finances.
J'ai bon espoir qu'une attaque de grande envergure contre des sites gouvernementaux génère un électrochoc et pousse nos représentants à s'intéresser et à enfin COMPRENDRE les enjeux techniques d'Internet et de l'informatique en général.
Comment peut-on confier à une infrastructure dont on ne connait techniquement rien la primeur de la transmission de l'information et des flux financiers ? Comment peut-on ensuite vouloir contrôler cette infrastructure ? C'est une grosse erreur de nos dirigeants. Ils n'ont pas de légitimité sur le réseau, car ils ne le contrôlent pas, ceux qui le contrôlent sont une immense armée de techniciens et d'ingénieurs.

A l'heure où l'Espagne prend elle aussi le chemin de la lutte contre les internautes et leurs libertés, où la France a déjà mis les deux pieds dedans, où les Etats-Unis négocient en secret des traités internationaux pour violer nos droits et nos liberté sur Internet, il est temps de réagir, et comme l'a si bien dit Bluetouff lors de la fermeture de son blog, de "prendre la maquis". Utilisons ce que nous avons : de la bande passante disponible et fermons leurs sites.